GUIDE PRATIQUE · CYBERSÉCURITÉ · HAMEÇONNAGE
Une demande de devis arrive par le formulaire de contact de votre site. L’adresse de l’expéditeur se termine par @prodmail.online et le message vous invite à consulter un document sur partagepro.online ou monpartage.online. Non, ce n’est pas un prospect : c’est une tentative d’hameçonnage. Ne cliquez sur aucun lien, ne répondez pas et signalez le message.
Temps de lecture : 9 minutes | Pour les dirigeants et les équipes qui traitent les demandes reçues par le site | FAQ incluse | Novembre 2026
L’essentiel en 30 secondes
- De fausses demandes de devis arrivent par les formulaires de contact de sites d'entreprises, avec une adresse d'expéditeur en @prodmail.online.
- Le message renvoie vers un faux partage de document pour voler vos identifiants ou installer un logiciel malveillant.
- Ne cliquez pas et ne répondez pas : alertez votre référent informatique, signalez le message, puis supprimez-le.
- Vous avez saisi un mot de passe ? Changez-le tout de suite et activez la double authentification.
- La parade la plus solide combine une messagerie protégée et des équipes entraînées à reconnaître ces messages.
Sommaire
- 1. Ce que nous avons reçu, et ce que d'autres reçoivent aussi
- 2. Comment fonctionne l'arnaque à la fausse demande de devis ?
- 3. Pourquoi ce message passe-t-il vos filtres anti-spam ?
- 4. Les signaux qui doivent vous alerter
- 5. Que faire si vous recevez ce type de demande ?
- 6. Vous avez cliqué ou saisi un mot de passe : les gestes immédiats
- 7. Comment réduire le risque dans votre entreprise ?
- 8. FAQ
Ce que nous avons reçu, et ce que d'autres entreprises reçoivent aussi
Fin octobre 2026, une demande est arrivée par le formulaire de contact de notre site. Elle avait l’apparence d’une demande commerciale classique. L’adresse de l’expéditeur, en @prodmail.online, nous a alertés.
Nous ne sommes pas les seuls. Des plateformes de signalement comme Signal Arnaques ou CleanTalk recensent le même schéma : des messages envoyés en nombre via les formulaires de contact de sites professionnels, ou directement par e-mail. Ils simulent une demande de devis, une offre d’emploi ou un partage de document.
Nous publions ce guide pour que vos équipes reconnaissent ce message avant d’y répondre. Le nom de domaine changera sans doute dans quelques semaines. Le schéma, lui, restera : c’est lui qu’il faut apprendre à repérer.
Bon à savoir
prodmail.online n’a rien d’une messagerie d’entreprise. Ce nom de domaine apparaît dans plusieurs signalements d’hameçonnage : traitez comme malveillant tout message qui en provient. Les noms affichés par l’expéditeur, à consonance française, sont génériques ou usurpés. Ils ne désignent pas la personne qui vous écrit.
Comment fonctionne l'arnaque à la fausse demande de devis ?
Le scénario tient en quatre temps. Chacun vise à lever une méfiance de plus.
Le contact
Le message arrive par votre formulaire de contact ou directement dans votre boîte. Il se présente comme une demande de devis, une candidature ou un document à consulter.
La mise en confiance
Le texte est soigné, parfois rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle. Il cite votre entreprise ou votre secteur pour paraître crédible.
Le lien
Pour « consulter le cahier des charges », vous êtes invité à cliquer sur un lien de partage (partagepro.online, monpartage.online) ou à ouvrir une pièce jointe.
Le piège
La page imite un portail de connexion connu et réclame vos identifiants. Ou le fichier installe un logiciel malveillant sur votre poste.
Avec vos identifiants, l’attaquant peut lire vos e-mails, écrire à vos clients depuis votre adresse ou préparer une fraude au virement. Le formulaire de contact n’est que la porte d’entrée.
Pourquoi ce message passe-t-il vos filtres anti-spam ?
Parce qu’il arrive par un canal de confiance : votre propre site. Le formulaire transmet le message depuis votre serveur, vers votre boîte. Pour le filtre anti-spam, c’est le plus souvent un e-mail légitime. Pour la personne qui le lit, c’est un prospect potentiel.
Les personnes qui traitent ces demandes sont donc les plus exposées : accueil, assistantes et assistants commerciaux, commerciaux, équipe marketing. Leur rôle est justement de répondre vite. C’est sur ce réflexe que compte l’attaquant.
Point d'attention
Votre formulaire peut aussi servir de relais. S’il renvoie automatiquement une copie du message à l’adresse saisie, un attaquant peut y inscrire l’adresse d’un tiers et lui faire parvenir un contenu piégé, envoyé depuis votre nom de domaine. Vérifiez ce réglage avec votre prestataire web.
Les signaux qui doivent vous alerter
Un seul signal ne suffit pas toujours. Deux ou trois réunis doivent vous arrêter avant tout clic.
| Signal | Ce que vous voyez | Pourquoi c’est suspect |
|---|---|---|
| Adresse de l’expéditeur | Un domaine générique (@prodmail.online), sans lien avec l’entreprise citée | Une entreprise réelle écrit depuis son propre nom de domaine |
| Lien de partage | Un lien vers partagepro.online, monpartage.online ou un service inconnu | Un vrai client joint son document ou passe par un outil connu |
| Demande de connexion | Il faut saisir vos identifiants pour lire le devis | Consulter un document ne doit pas exiger votre mot de passe professionnel |
| Urgence | « Merci de nous répondre rapidement », délai très court | L’urgence sert à court-circuiter la vérification |
| Coordonnées | Ni téléphone, ni SIREN, société introuvable en ligne | Un prospect réel se vérifie en deux minutes |
| Besoin vague | La demande pourrait s’adresser à n’importe quelle entreprise | Un message envoyé en nombre ne décrit pas de besoin précis |
Bon à savoir
Un message bien écrit n’est plus un gage de sérieux. Les fautes d’orthographe ont longtemps trahi l’hameçonnage ; avec l’IA générative, ce signal disparaît. Fiez-vous à l’expéditeur, au lien et à ce que le message vous demande de faire.
Que faire si vous recevez ce type de demande ?
Cinq gestes, dans cet ordre. Ils prennent moins de cinq minutes.
Ne cliquez sur rien
Aucun lien, aucune pièce jointe. Pour voir où mène un lien, survolez-le sans cliquer : l’adresse réelle s’affiche en bas de votre écran.
Ne répondez pas
Une réponse confirme que votre adresse est active et lue. Elle vous expose à de nouvelles tentatives, plus ciblées.
Prévenez votre référent informatique
Transférez-lui le message ou utilisez le bouton de signalement de votre messagerie. Il peut bloquer l’expéditeur pour toute l’entreprise et vérifier si des collègues l’ont reçu.
Signalez-le
Sur Signal Spam pour l’e-mail, sur Phishing Initiative pour l’adresse du faux site. Ces signalements alimentent les listes de blocage.
Supprimez-le ensuite
Une fois le signalement fait, supprimez le message et bloquez l’expéditeur. En cas de doute sur un vrai prospect, rappelez-le avec des coordonnées trouvées par vous-même, jamais celles du message.
Point d'attention
Ne supprimez pas le message avant de l’avoir signalé. Il sert de preuve et permet à votre support d’identifier les messages similaires reçus par vos collègues.
Vous avez cliqué ou saisi un mot de passe : les gestes immédiats
Pas de panique, mais pas d’attente non plus. Chaque minute compte, surtout si vous avez saisi un mot de passe.
| Votre situation | Ce que vous faites tout de suite |
|---|---|
| Vous avez cliqué, sans rien saisir | Fermez la page. Prévenez votre référent informatique, qui vérifiera votre poste. |
| Vous avez ouvert ou téléchargé une pièce jointe | Déconnectez le poste du réseau (câble et Wi-Fi) et appelez votre support. Ne tentez pas de réparer vous-même. |
| Vous avez saisi vos identifiants | Changez immédiatement le mot de passe, et partout où vous l’utilisiez. Activez la double authentification. Demandez à votre support de vérifier les connexions récentes et les règles de transfert de votre boîte. |
| Vous avez transmis des coordonnées bancaires | Contactez votre banque pour faire opposition. Conservez les preuves et portez plainte en cas de débit frauduleux. |
Pour être orienté, la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr propose un parcours d’assistance et une mise en relation avec des prestataires de proximité. Le service Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (appel gratuit).
Comment réduire le risque dans votre entreprise ?
Aucune mesure ne suffit seule. La protection technique arrête une partie des messages piégés. Ceux qui passent arrivent devant un collaborateur, qui devient la dernière barrière. Les deux leviers se complètent.
Protéger la messagerie avec WithSecure
WithSecure Elements renforce la protection native de Microsoft 365. Le module Collaboration Protection analyse les e-mails, les liens et les pièces jointes, et exécute les fichiers suspects dans un environnement isolé. Il repère aussi les signes d’un compte compromis, comme une règle de transfert malveillante. Sur les postes et serveurs, la protection Endpoint et la détection EDR surveillent les comportements anormaux.
Nous dimensionnons la solution, la déployons et la suivons avec vous. Découvrir WithSecure
Tester et former vos équipes
Proposés par le groupe plenITude, dont fait partie NRC InovaGès, les tests d’hameçonnage envoient à vos collaborateurs de faux e-mails piégés, réalistes et sans danger. La bibliothèque compte plus de 700 scénarios. Vous mesurez qui clique, qui saisit ses identifiants et qui signale.
Les résultats orientent la formation : sessions interactives et modules e-learning courts, centrés sur les situations que vos équipes rencontrent vraiment. Former vos équipes, c’est faire de chaque collaborateur un relais d’alerte : celui qui reconnaît un message piégé et le signale protège toute l’entreprise.
Complétez avec quatre règles simples :
- la double authentification sur la messagerie et les accès distants ;
- la vérification de tout nouveau contact par un canal indépendant avant d’ouvrir un lien ;
- un circuit de signalement connu de tous : une adresse, une personne ;
- un filtrage anti-spam sur le formulaire de contact de votre site.
Pour une vue d’ensemble, consultez notre page cybersécurité pour PME et ETI.
FAQ : fausses demandes de devis et hameçonnage
Qu'est-ce que prodmail.online ?
Un nom de domaine utilisé pour créer des adresses d’expéditeur dans des campagnes d’hameçonnage. Ce n’est pas une messagerie d’entreprise. Plusieurs signalements le relient à de fausses demandes de devis envoyées via des formulaires de contact. Traitez comme malveillant tout message qui en provient.
Les noms des expéditeurs correspondent-ils à de vraies personnes ?
Pas à la personne qui vous écrit. Les noms affichés sont génériques ou empruntés pour paraître crédibles. Ne cherchez pas à contacter une personne portant ce nom : elle n’a probablement aucun lien avec le message.
Mon site a-t-il été piraté si je reçois ce message ?
Pas nécessairement. Le formulaire fonctionne normalement : c’est le contenu saisi qui est malveillant. Un filtrage anti-spam sur le formulaire (captcha, liste de blocage) limite les envois automatisés.
Comment savoir si une demande de devis est authentique ?
Vérifiez l’entreprise : nom de domaine de l’adresse, site web, numéro SIREN. Un prospect réel décrit un besoin précis et laisse un numéro joignable. En cas de doute, rappelez-le avec des coordonnées que vous avez trouvées vous-même.
Que risquez-vous à répondre, sans cliquer sur le lien ?
Vous confirmez que l’adresse est active et lue. Les auteurs peuvent relancer avec un message plus ciblé ou ajouter votre adresse à d’autres campagnes. Ne répondez pas, signalez.
J'ai cliqué sur le lien mais je n'ai rien saisi : suis-je en danger ?
Le risque est plus faible, mais pas nul. Fermez la page et prévenez votre référent informatique, qui pourra vérifier votre poste. Si la page vous demande de télécharger un fichier ou de saisir quoi que ce soit, ne le faites pas.
Où signaler un e-mail d'hameçonnage ?
Sur Signal Spam pour le message, et sur Phishing Initiative pour l’adresse du faux site. Les escroqueries en ligne peuvent aussi être signalées sur PHAROS. En interne, prévenez toujours votre référent informatique.
Un antivirus suffit-il à bloquer ces attaques ?
Non. L’hameçonnage vise d’abord la personne, pas la machine. Un antivirus classique ne voit pas une page qui vous demande votre mot de passe. Il faut combiner protection de la messagerie, double authentification et sensibilisation des équipes.
À quoi sert un test d'hameçonnage ?
Il mesure la réaction réelle de vos collaborateurs face à un faux e-mail piégé, sans danger. Les résultats montrent qui clique, qui saisit ses identifiants et qui signale. L’objectif n’est pas de piéger, mais de rendre le signalement réflexe.
Les formations à la cybersécurité peuvent-elles être financées ?
Selon votre situation, une partie peut être prise en charge par votre OPCO. Les conditions dépendent de votre branche et de la taille de votre entreprise. Renseignez-vous auprès de votre OPCO ou posez-nous la question lors du premier échange.
Sources et documents de référence
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Que faire en cas de phishing ou hameçonnage ? », fiche réflexe
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Comment signaler un mail de phishing ou d'hameçonnage ? »
- CNIL, « Spam, hameçonnage, arnaques : signaler pour agir »
- Signal Spam, plateforme de signalement des e-mails indésirables
- Signal Arnaques, catégorie phishing (signalements liés à partagepro.online et monpartage.online)
- WithSecure, fiche produit Elements Collaboration Protection (PDF)
- Groupe plenITude, sensibilisation cyber des collaborateurs
Ce guide a une portée pédagogique. Les noms de domaine et les techniques d’hameçonnage évoluent vite : de nouvelles adresses apparaissent régulièrement. En cas de doute sur un message, contactez votre référent informatique avant toute action.
Vos équipes reconnaîtraient-elles ce message ?
Nos consultants font le point avec vous sur la protection de votre messagerie et sur la vigilance de vos équipes. Nous vous proposons ensuite les mesures adaptées à votre organisation, de la protection WithSecure aux tests d’hameçonnage.